L’état des lieux de sortie est le moment de vérité de toute location. C’est à cette occasion que le propriétaire évalue l’état du logement restitué et détermine si des retenues sur le dépôt de garantie sont justifiées. Mais toutes les dégradations ne sont pas imputables au locataire. Voici ce que la loi autorise — et ce qu’elle interdit.
L’état des lieux de sortie est le document contradictoire établi au moment où le locataire restitue les clés du logement. Il décrit l’état de chaque pièce, surface et équipement, et doit être comparé point par point à l’état des lieux d’entrée.
C’est uniquement de cette comparaison que naît le droit éventuel du propriétaire à effectuer des retenues sur le dépôt de garantie. Aucune retenue ne peut être fondée sur une simple appréciation subjective ou sur l’absence d’état des lieux d’entrée.
La distinction entre dégradation locative et vétusté normale est au cœur de la quasi-totalité des litiges entre propriétaires et locataires. La comprendre est indispensable pour exercer vos droits sans vous exposer à un recours.
La vétusté désigne l’usure naturelle résultant du temps et d’un usage normal du logement. Elle est légalement à la charge exclusive du propriétaire et ne peut jamais être imputée au locataire.
Exemples de vétusté non imputable au locataire :
Les dégradations sont les détériorations qui excèdent l’usure normale et résultent d’une négligence, d’un mauvais usage ou d’une malveillance du locataire.
Exemples de dégradations imputables au locataire :
Pour objectiver la distinction entre vétusté et dégradation, certains contrats de bail incluent une grille de vétusté, établie par accord collectif de location. Cette grille fixe, pour chaque type d’équipement ou de revêtement, une durée de vie théorique et un coefficient d’abattement annuel.
Par exemple, si une moquette a une durée de vie théorique de 7 ans et qu’elle est remplacée après 5 ans d’occupation, le locataire ne peut être tenu responsable que de 2/7e du coût de remplacement — le reste relevant de la vétusté.
En l’absence de grille annexée au bail, c’est au juge d’apprécier souverainement la part de vétusté à déduire.
Le décret du 26 août 1987 établit la liste des réparations dites « locatives », c’est-à-dire à la charge du locataire pendant toute la durée du bail et lors de la restitution du logement. Il s’agit notamment de :
Lorsque ces obligations n’ont pas été respectées, le coût de remise en état peut être imputé sur le dépôt de garantie.
Toute dégradation constatée dans l’état des lieux de sortie et absente de l’état des lieux d’entrée peut faire l’objet d’une retenue, sous réserve :
Si des loyers ou charges restent impayés à la date de restitution des clés, le propriétaire peut les déduire du dépôt de garantie, à condition de présenter un décompte précis et justifié.
Si vous êtes locataire et estimez qu’une retenue est injustifiée, ou si vous êtes propriétaire et que votre locataire conteste vos retenues, la procédure est la suivante :
Le délai de prescription pour agir en restitution du dépôt de garantie est de 3 ans à compter de la fin du bail.
Un état des lieux de sortie n’est pas une simple formalité. C’est un document juridique dont la qualité conditionne directement votre capacité à vous défendre en cas de litige. Pour être pleinement exploitable, il doit être :
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